Coronavirus en Suède: Le pays serait sur le chemin de l’immunité de groupe tant espérée
la Suède, qui a adopté une stratégie moins stricte que ses voisins depuis le début de la pandémie, semble voir le bout du tunnel.
La Suède n’a jamais fermé ses magasins, écoles et restaurants; elle a fait le pari de compter sur le civisme de ses citoyens, poussés, entre autres, à adopter la distance sociale et le lavage fréquent des mains. Ici, la photo a été prise le 19 septembre 2020 dans les rues de Stockholm.
AFPSur tout le continent européen, nombreux sont les pays qui font face à une flambée des cas de Covid-19, les poussant à adopter de nouvelles mesures afin d’enrayer la pandémie. Partout? Non! Car la Suède, seul pays a avoir misé sur une stratégie plus souple depuis mars, réussit à maintenir les nouvelles infections à un niveau plutôt bas depuis fin août.
Une bonne nouvelle, selon l’expert danois Kim Sneppen, cité par le journal danois Politiken, repris par 7/7. Selon ce professeur à l’Université de Copenhague, le pays pourrait en finir avec le coronavirus avant les autres: «Il semble que les Suédois aient acquis une certaine immunité contre le virus. Cette immunité, ajoutée aux gestes barrières, suffit pour garder la maladie sous contrôle. L’épidémie pourrait avoir été endiguée.»
«La baisse des cas est en partie due au fait que les conseils de l’agence de santé publique ont été très bien suivis par la population»
Pour rappel, la Suède n’a jamais fermé ses magasins, écoles et restaurants et a fait le pari de compter sur le civisme de ses citoyens, poussés, entre autre, à adopter la distanciation sociale et le lavage fréquent des mains. Une décision des autorités vivement critiquée par le monde entier puisque durant les trois premiers mois de la crise, le pays scandinave a fait face à une situation plus difficile en comparaison avec ses voisins. Mais six mois après le début de la crise, les chiffres ne montrent pas le chaos que beaucoup redoutaient.
L’épidémiologiste Anders Tegnell, à l’origine de la stratégie suédoise, cité par le Devoir, estime que la stratégie fonctionne: «La baisse des cas est en partie due au fait que les conseils de l’agence de santé publique ont été très bien suivis par la population. Depuis le début, ces recommandations ont toujours été les mêmes. Elles visent une gestion durable de la crise, et l’adhésion y est encore très élevée.» Toutefois, il semblerait que le chemin vers l’immunité de groupe a été difficile et plus lent que prévu.
Car si les scientifiques partent du principe qu’au moins 60% de la population doit être immunisée contre un virus pour obtenir une immunité de groupe, la Suède n’y est pas encore. Mais selon une étude récente de l’Université de Stockholm, 43% pourraient suffire pour atteindre le seuil tant espéré, seulement si les personnes infectées font partie du groupe des gens les plus actifs de la société.
Durant les 14 derniers jours, le nombre de nouveaux nouveaux cas en Suède s’est élevé à 28 cas pour 100 000 habitants, contre 186 en France, 300 en Espagne et 65 en Suisse. Le médecin urgentiste Sebastian Rushworth rapporte que «seule» une petite trentaine de personnes atteintes du Covid-19, sur une population de 2,4 millions à Stockholm, sont encore hospitalisées dans toute la capitale suédoise.
Ce dernier estime également que les pays touchés tels que l’Angleterre, l’Espagne, l’Italie et États-Unis, sont sur le point de suivre le chemin de la Suède. À contrario, les pays ayant réussi à contenir le virus, comme le Danemark, l’Allemagne, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, devront certainement faire face à une crise plus longue, car ils devront alterner entre périodes de confinement et de relâchement durant «au moins un an».
Comme dans toute hypothèse, d’autres experts scientifiques sont plus nuancés face à cette prétendue immunité de groupe. En effet, la plupart pensent qu’une nouvelle recrudescence des cas en Suède n’est pas à exclure. Mais cela, seul l’avenir nous le dira…
